Martin,_John_-_The_Seventh_Plague_-_1823

Vaera

וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה כֵּן, אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל; וְלֹא שָׁמְעוּ, אֶל-מֹשֶׁה, מִקֹּצֶר רוּחַ, וּמֵעֲבֹדָה קָשָׁה.

« Moïse redit ces paroles aux enfants d’Israël mais ils ne l’écoutèrent pas, à cause du souffle court et du travail pénible. »

Dieu annonce que l’heure de la libération a enfin sonné ! Toutes les souffrances endurées vont enfin se terminer ! Mais au lieu d’exploser de joie, les hébreux sont tellement occupés par le travail et la nécessité de subvenir à leurs besoins qu’ils sont incapables d’entendre cette annonce et d’en tenir compte.

Pourquoi ? Parce qu’ils sont littéralement abrutis par le travail.

« Kotser rouah » : un souffle/esprit raccourci. Cette expression décrit une situation mentale qui représente un obstacle à la perception de la révélation.

L’aliénation physique d’une personne ou d’un groupe entraine une perte progressive des repères et de la dignité. Lorsqu’on commence par lentement oppresser les gens jusqu’à ce qu’ils ne se préoccupent plus que de leur propre survie et de la satisfaction des besoins primaires, il devient inutile de les enchainer, ils ne songeront plus à s’échapper.

Qui ne s’est jamais trouvé confronté à une telle situation, soi-même ou des proches ? Qui ne s’est jamais lancé à « corps perdu » (quelle expression imagée !) dans un projet professionnel, des investissements, des emprunts, au point de n’être plus maître de sa propre vie, mais esclave de son travail ?

Ici la Torah nous dit simplement mais fermement qu’un juif doit être libre. Libre, pour accepter pleinement le monothéisme et ses commandements. Et s’il ne l’est pas, il lui appartient de se libérer.

Comment ? Une des façons dont s’exprime la liberté dans la tradition juive est l’observance du chabbat. Car le chabbat est une façon de se libérer de l’aliénation quotidienne du travail. Une façon de lever la tête, de réfléchir et sortir de sa condition de prisonnier pour goûter à la liberté. Une des fonctions de la religion, de ses rites et de ses commandements, aussi difficiles et contraignants qu’ils peuvent paraître, est de veiller constamment à ce que les personnes ne se laissent pas déborder et envahir par les petits soucis du quotidien, les petites tâches (nécessaires), les petites querelles (inévitables), mais pensent toujours à lever la tête et garder le cap vers l’objectif, qui est de transmettre des valeurs, une expérience et une certaine conception de la liberté à nos enfants.

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