amalek-esther

Térouma / Zakhor

TEROUMA – ZAKHOR

« Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek, lors de votre voyage, au sortir de l’Egypte […] Aussi, lorsque l’Éternel, ton Dieu, t’aura débarrassé de tous tes ennemis d’alentour, dans le pays qu’il te donne en héritage pour le posséder, tu effaceras la mémoire d’Amalek de dessous le ciel : ne l’oublie pas. »
Le chabbat qui précède Pourim est appelé « chabbat Zakhor » du nom du passage du Deutéronome que nous lisons en guise de préparation à la fête. Un passage intéressant, puisqu’il nous demande de nous souvenir de notre ennemi irréductible (le célèbre peuple d’Amalek duquel est issu le Haman de la méguila d’Esther), et de ne pas oublier d’effacer sa mémoire… lorsque tous nos ennemis auront disparu.
Autrement dit, avant de commémorer une tentative de génocide, et alors que notre génération – comme les précédentes- fait face à ses propres ennemis, la Torah nous annonce qu’un jour, tout cela sera derrière nous. Un jour, tous nos ennemis appartiendront à l’Histoire, et nous serons enfin en paix dans des frontières sûres et reconnues. Ce jour-là, l’Histoire du peuple juif nous apparaîtra peut-être comme le texte de la méguilah : une pièce de tragicomédie, avec du suspense et des rebondissements, dont l’issue finale laisse un goût de grotesque et d’absurde.
Nous évoquerons nos persécutions, nos guerres, nos drames et nos angoisses comme une histoire ancienne qu’on raconte pour se faire peur avant de se rassurer et de s’endormir paisiblement.
« J’ai vu l’impie adoré sur la terre ;
Pareil au cèdre, il cachait dans les cieux
Son front audacieux ;
Il semblait à son gré gouverner le tonnerre,
Foulait aux pieds ses ennemis vaincus :
Je n’ai fait que passer, il n’était déjà plus. »
Jean Racine, Esther, Acte III scène IX, Paris, 1689.
Chabbat Chalom
Rabbin David Touboul

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