Jean-leon-Gerome-Moses-on-Mount-Sinai

Michpatim

Ce chabbat nous sortirons trois sifré Torah. Dans le premier nous lirons la paracha de la semaine, « Michpatim ». Dans le deuxième, la lecture traditionnelle des néoménies. Et dans le troisième le passage qui évoque la collecte du demi-chékel, afin de rappeler cette mitsva qui doit être effectuée à Pourim.
Pourquoi dans cet ordre-là ? Au nom d’un principe talmudique suivant lequel quand plusieurs mitsvot se présentent en même temps, on les accomplit par ordre de fréquence : תדיר ושאינו תדיר, תדיר קודם. Chabbat d’abord, car il arrive toutes les semaines. Puis Roch Hodech, mensuel. Et après seulement la lecture annuelle. L’excitation à l’arrivée d’un événement rare et attendu ne doit pas bousculer la régularité inscrite dans le temps, qui structure le rapport à la sainteté. En ce qui concerne les fêtes juives, ce qui est rare n’est pas « plus cher » ! La tradition tient à garder au chabbat sa place supérieure dans la hiérarchie du temps, les solennités annuelles venant le compléter sans jamais le détrôner.
A l’approche des fêtes de Pourim et de Pessah, dans cette période emplie d’incertitude, alors que nous devrions nous réjouir (« Quand commence Adar la joie s’intensifie » nous disent les sages du Talmud dans le traité Taanit), nous sommes encore incapables de dire comment vont se dérouler les fêtes cette année. Pourrons-nous nous retrouver comme chaque année pour la lecture de la Méguilah ? Devrons-nous la suivre à travers nos écrans d’ordinateur ? Attentifs comme chacun à l’évolution quotidienne de la situation sanitaire, impatients des effets de la vaccination, il nous est malheureusement impossible de planifier et d’organiser un programme.
Il ne nous reste qu’à nous raccrocher à la sagesse millénaire de la Halakha, qui nous enjoint de progresser patiemment, pas à pas, un jour après l’autre, un chabbat après l’autre, dans l’ordre, avec constance et régularité. Quelle que soit la situation le 14 Adar, nous saurons nous adapter. Et n’oublions pas que Pourim, en plus d’être la fête des masques, est aussi celle des retournements de situation inespérés.

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